Guides pratiques

Refonte du site internet d’une commune : méthode étape par étape

De l’audit de l’existant à la formation des agents : 6 étapes pour réussir la refonte sans perdre vos administrés ni votre SEO.

Publié le Mis à jour le 9 min de lecture
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Refondre un site internet de mairie n’est pas la même chose que le créer depuis zéro. Vous héritez d’URLs référencées par Google, de contenus accumulés depuis dix ou vingt ans, d’une base d’administrés habitués à un certain parcours, et parfois d’engagements contractuels en cours avec un prestataire historique. Une refonte réussie tient à six étapes méthodologiques — pas à un choix d’outil. Voici la méthode que nous appliquons avec les communes qui basculent vers Mairie.app depuis une plateforme existante.

Audit de l’existant : ce qui marche, ce qui ne marche plus

Avant toute décision, il faut une photographie objective du site actuel. Trop de refontes partent d’un ressenti (« le site est moche », « l’ancien prestataire ne répond plus ») et aboutissent à un cahier des charges qui ignore les points forts de l’existant. L’audit dure une à deux journées et donne le matériau de toutes les décisions suivantes.

Inventoriez méthodiquement les 13 dimensions suivantes :

  • Audience et trafic. Volume de visites mensuelles, pages les plus consultées, sources (organique, direct, réseaux sociaux), durée moyenne sur le site. Données issues de Google Search Console, Matomo, Umami ou Google Analytics selon ce qui est installé.
  • Conformité RGAA 4.1. Niveau d’accessibilité réel, déclaration d’accessibilité publiée ou non, taux de conformité affiché. À croiser avec un test rapide via Wave ou axe DevTools.
  • Conformité RGPD. Mentions légales à jour, politique de confidentialité, bandeau cookies conforme aux recommandations CNIL, registre des traitements documenté côté collectivité.
  • SEO et référencement. Positions sur les requêtes locales (« mairie de X », « état civil X », « horaires mairie X »), backlinks entrants, présence dans le sitemap.
  • Performance technique. Score PageSpeed Insights, temps de chargement mobile, Core Web Vitals.
  • Contenus. Volume d’articles publiés, fraîcheur (date du dernier contenu), redondances, pages orphelines, documents PDF cumulés.
  • Modules et fonctionnalités. Quels modules sont réellement utilisés (signalements, alertes, formulaires de contact, billetterie, agenda) ? Lesquels sont morts ? Lesquels manquent ?
  • Comptes utilisateurs. Combien d’agents administrateurs, qui est encore en poste, qui s’est connecté ces 6 derniers mois ?
  • Coût annuel réel. Hébergement, licence, maintenance, support, développements ponctuels facturés en TJM.
  • Engagements contractuels. Date d’échéance du contrat, conditions de résiliation, propriété intellectuelle du design et des contenus.
  • Sauvegardes et exports. Le prestataire actuel fournit-il un export structuré des données (articles, médias, formulaires) ou seulement un dump SQL ?
  • Avis des agents. Une demi-journée d’entretiens avec les secrétaires de mairie, agents communication, élus qui publient. C’est souvent là qu’émergent les irritants quotidiens.
  • Avis des administrés. Retours en mairie, demandes récurrentes au standard, commentaires sur les réseaux sociaux locaux.

Cet audit alimente le cahier des charges et permet, surtout, de hiérarchiser ce qui doit impérativement être conservé ou amélioré. Pour une grille de lecture structurée, notre checklist d’audit en 30 points fournit un score sur 30.

Rédiger un cahier des charges de refonte

Un cahier des charges de refonte n’est pas un cahier des charges de création. Il intègre dès le départ les contraintes héritées du site existant, qui pèsent autant sur le budget que sur le calendrier. Faire l’économie de ce document expose la commune à des avenants en cours de projet et à des arbitrages mal informés.

Les sections incontournables d’un CdC de refonte :

  • Contexte et objectifs. Pourquoi refondre maintenant ? Quels objectifs mesurables (réduire les appels téléphoniques au standard, augmenter les démarches en ligne, atteindre la conformité RGAA AA, etc.) ?
  • Périmètre fonctionnel. Modules obligatoires, modules optionnels, modules exclus. Sans cette hiérarchie, un prestataire peut chiffrer un projet maximaliste là où la commune cherchait l’essentiel.
  • Contraintes héritées. URLs à préserver, contenus à migrer, comptes utilisateurs à recréer, modules tiers à reconnecter (mairie en ligne, démarches France Connect, paiement en ligne).
  • Plan de migration des données. Inventaire des contenus, format d’export disponible, format d’import attendu, périmètre temporel (tout l’historique ? les 3 dernières années ?).
  • Stratégie SEO. Liste des pages à fort trafic à préserver, table de correspondance ancienne URL → nouvelle URL, plan de redirections 301.
  • Identité graphique. Charte conservée, ajustée, ou refondue ? Logo existant fourni en SVG ? Photographies disponibles en haute définition ?
  • Calendrier réaliste. Avec marges sur les phases de validation (souvent sous-estimées), date butoir liée à un événement (vœux du maire, rentrée, élection).
  • Formation et reprise en main. Combien d’agents à former, dans quels services, sur quels modules.
  • Critères de sélection. Pondération entre prix, expérience secteur public, références, accompagnement, conformité RGAA et RGPD, hébergement souverain.

Pour un CdC de création (et la différence avec une refonte), voir notre guide complet de création d’un site de mairie.

Maintenir, migrer ou repartir de zéro : 3 stratégies

Toute refonte n’a pas la même ampleur. Trois stratégies cohabitent, chacune adaptée à un contexte précis. Le choix dépend de l’état du site existant, du budget, du niveau de satisfaction de l’équipe, et de la marge de manœuvre contractuelle.

Stratégie 1 — Maintenir et améliorer par itérations

Pertinente si la plateforme existante reste maintenue, si l’éditeur publie des mises à jour de sécurité régulières, et si le socle technique est sain. La commune négocie quelques évolutions ciblées (refonte graphique limitée, ajout d’un module spécifique, mise en conformité RGAA) sans changer de prestataire.

Avantage : minime perturbation, coût contenu, pas de migration. Limite : si le socle technique est lui-même obsolète, on retarde l’inévitable.

Stratégie 2 — Migrer vers une nouvelle plateforme en conservant les contenus

La stratégie la plus fréquente. La commune change d’éditeur, conserve l’essentiel de ses contenus (actualités, élus, comptes-rendus, formulaires) et profite du chantier pour remettre à plat l’arborescence, l’identité graphique et la conformité. C’est le scénario type d’un passage d’un WordPress vieillissant vers une solution SaaS spécialisée.

Avantage : modernisation effective sans tout reconstruire. Limite : nécessite un export propre de l’existant, ce qui n’est pas toujours fourni par l’ancien prestataire.

Stratégie 3 — Repartir de zéro

Rare, mais justifié si le site existant est très ancien (avant 2015), si le volume de contenus est faible, si la qualité éditoriale est globalement à reprendre, ou si la conformité RGAA et RGPD est tellement éloignée qu’il est plus simple de recommencer. C’est aussi le scénario d’une commune nouvelle issue d’une fusion qui choisit de bâtir une identité numérique propre.

Avantage : table rase, optimisation totale. Limite : perte d’historique, perte SEO si mal géré, charge de travail éditorial élevée.

Migrer les contenus existants sans perdre vos administrés

La migration est l’étape la plus risquée d’une refonte. C’est elle qui décide si vos administrés retrouveront ce qu’ils cherchent, si Google continuera de vous référencer, et si l’historique administratif de la commune reste accessible.

Mapping URL ancien / nouveau et redirections 301

Toute URL de l’ancien site qui recevait du trafic ou des liens entrants doit avoir une redirection permanente (HTTP 301) vers son équivalent sur le nouveau site. Concrètement : exportez le sitemap.xml de l’ancien site, croisez-le avec les pages les plus visitées (Google Search Console), et construisez un tableau ancien-URL → nouvelle-URL. Le prestataire entrant doit accepter d’implémenter ces redirections au niveau du serveur ou d’un fichier de configuration dédié. Sans ce travail, le trafic organique peut chuter de 30 à 50 % en quelques semaines.

Migration des contenus structurés

  • Articles d’actualité. Export structuré (idéalement JSON ou XML) avec titre, contenu, date de publication, auteur, image d’illustration, catégorie. Les actualités de plus de 5 ans peuvent être archivées plutôt que migrées.
  • Événements et agenda. Export incluant date, lieu, description, récurrence. Les événements passés peuvent être conservés à des fins de mémoire ou supprimés.
  • Annuaire des élus et agents. Photo, nom, fonction, délégations, commissions, coordonnées éventuelles. Les changements suite à élections peuvent être l’occasion d’une mise à jour complète.
  • Comptes-rendus de conseil municipal. Documents PDF horodatés à conserver intégralement pour des raisons d’archivage légal.
  • Médiathèque. Photographies de la commune, vidéos, logos. La migration doit conserver les noms de fichiers stables ou prévoir des redirections sur les médias référencés.

Continuité analytique

Si la commune utilise un outil de statistiques (Umami, Matomo, Plausible), l’instance existante peut être conservée et reliée au nouveau site, préservant ainsi l’historique d’audience. Vous gardez la comparaison année après année.

Communiquer la refonte aux administrés

Un site refondu est un changement visible pour vos administrés. Communiquer en amont et accompagner la bascule limite les frictions et capitalise sur le chantier.

  • Annonce 2 à 3 semaines avant. Newsletter, affichage en mairie, post sur les pages réseaux sociaux locales (Facebook, Instagram). Mentionnez la date prévue, ce qui change, ce qui ne change pas (adresse mairie, téléphone, horaires).
  • Période de double-publication. Pendant 1 à 2 semaines après la bascule, les actualités importantes peuvent être publiées sur le nouveau site et reprises sur les réseaux sociaux pour amener du trafic.
  • Page transitoire « Notre site fait peau neuve ». Brève page sur le nouveau site qui explique la démarche, les nouveautés, et où signaler un éventuel problème (lien cassé, contenu manquant). C’est aussi un signal de modernité positif.
  • Gestion des liens externes. Les administrations partenaires (préfecture, département, intercommunalité, France Services) peuvent référencer l’ancienne adresse dans leurs propres sites. Listez-les et demandez la mise à jour. Les redirections 301 absorbent le délai mais ne dispensent pas du nettoyage.
  • Communication interne. Les associations locales, écoles, clubs sportifs envoient parfois des courriels en pointant vers une page du site (formulaire d’inscription, salle à réserver) — préparez-les au changement.

Former les agents et organiser la prise en main

Un site refondu n’a de valeur que s’il est tenu à jour. La formation des agents et l’organisation interne pèsent autant que la qualité technique de la plateforme. Ce volet est trop souvent négligé dans les budgets et dans les cahiers des charges.

Formation initiale

Prévoyez une demi-journée pour les agents qui publieront régulièrement (communication, secrétariat de mairie) et une heure pour les contributeurs occasionnels (élus, responsables de service). La formation porte sur : création et publication d’actualités, gestion de l’agenda, mise à jour de l’annuaire, modération des formulaires de contact, rédaction accessible (alternatives textuelles, hiérarchie de titres).

Documentation interne

La plateforme retenue doit fournir une documentation utilisateur. Complétez-la d’un guide interne de 2 à 5 pages adapté à votre commune : qui publie quoi, qui valide, ligne éditoriale, conventions de nommage des médias, gestion des comptes utilisateurs.

Support des premiers jours

Les deux premières semaines après la bascule génèrent des questions et des micro-bugs (lien cassé, image mal cadrée, formulaire mal paramétré). Identifiez un référent unique côté commune et un canal de remontée privilégié avec le prestataire. Comparer les approches de plusieurs éditeurs sur ce point de support permet d’éviter les mauvaises surprises.

Pour anticiper le budget global de la refonte (technique, formation, accompagnement), notre grille tarifaire publique détaille précisément ce qui est inclus dans chaque palier.

En résumé : une refonte de site de mairie réussie ne se mesure pas au jour du lancement, mais 6 mois plus tard. Les indicateurs de succès : continuité du trafic SEO, satisfaction des agents, baisse des appels au standard sur les sujets traités en ligne, conformité RGAA et RGPD effective. La méthode en 6 étapes ci-dessus est la trame que nous suivons avec chaque commune qui migre vers Mairie.app.

Vigilance contractuelle. Avant de signer avec un nouvel éditeur, vérifiez la date d’échéance de votre contrat actuel et les conditions de résiliation (préavis, indemnités, restitution des données). Certains contrats reconduisent tacitement avec un préavis de 6 mois — le calendrier de refonte doit l’intégrer.

Questions fréquentes — Refonte du site internet d’une commune

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